Ou comment tout à commencé…
Quelques années plus tard, en 1993-94, mes potes et moi découvrons le rap ricain, au collège. The Chronic et Doggy Style tournent en boucle à cette période. Puis en 1995, peu avant l’été, sort en salle la haine et l’album éponyme qui s’en inspire. Rarement la vie m’a donné une aussi grosse claque qu’à l’écoute de cet album. Magique.
« Plus de vail-tra je deale le teuchi chanmé. C’est la lère-ga mec et j’en suis trop goute-dé. »
J’y comprenais pas grand chose, pas plus que les paroles de Snoop ou Dre en fait. Mais le débit des MC, la musique si novatrice et ces textes remplis de sincérité : j’ai direct accroché !
Puis en juillet 1995, je m’en rappelle comme si c’était hier, j’ai acheté le cd 2 titres d’NTM « Tout n’est pas si facile » qui contenait une plage dite « instrumentale ». Je découvre alors la musique sans les paroles. J’appelle Raf, mon meilleur ami, et je lui propose de venir chez moi, pour rechanter le morceau à notre manière. On est resté plusieurs heures devant le poste à cassette, à s’enregistrer. Le lendemain, pour se marrer, j’écrivais mon premier texte sur la même instru « le brevet c’est facile, les vacances sont utiles ». Bon, j’avais encore pas mal de taf à fournir, je ne vous ferais pas tourner le mp3 que je conserve au fond de mon disque dur, mais tout est parti de là.
Dès cet instant, je n’ai jamais vraiment cessé d’écrire des textes. J’ai commencé à faire mes propres instrus en 1996, avec le magnétophone de Windows… C’étais pas forcément évident, mais ca donnait d’assez bon résultat. Et surtout aucune limite à la créativité. Puis en 1999, je me rends à la FNAC de Vélizy 2 dans le but d’y acheter un logiciel plus adapté à mes besoins. Je n’avais pas imaginé à quel point cela pouvait être hors de prix. Dépité, sur le point de partir bredouille, je tombe sur un logiciel bien moins onéreux : Hip Hop Ejay. J’ai direct jeté les samples d’origine et j’y ai mis les miens, choppés sur les disques de mes parents. La boîte à rythme n’était pas terrible mais c’était bien plus pratique que le magnétophone : plus besoin de calculer combien de centièmes de seconde devait séparer deux charley à 95BPM…
En 2000, je sors mon premier album. Il n’a pas de titre. Il n’a pas de pochette. Il est gravé à 2 exemplaires. Le premier pour moi. Le second pour ma copine de l’époque (qui deviendra ma femme 7 ans plus tard, ça ne l’a pas fait fuir, c’est déjà ça ! ). De temps en temps, je le réécoute. Une voix juvénile, des instrumentales très simples techniquement avec de bons gros samples bien grillés et des textes relativement bateau.
En 2003, je découvre grace au net que je ne suis pas seul à faire de la musique chez moi. Et je découvre surtout ce que beatmaker signifie. Je m’aperçois également que je n’ai vraiment pas le niveau pour jouer dans la cours des grands. Je décide alors de tout faire pour m’offrir un vrai home-studio, avec de vraies machines, de vrais logiciels, pour faire de la vraie musique. C’est chose faite en 2004 et en 2005 sort « L’éclosion », un album 6 titres que j’ai sorti relativement vite, sans vraiment me soucier de la qualité du mixage. Côté mastering, ne cherchez pas, il n’y en a pas. J’ignorais totalement ce que cela signifiait à l’époque. J’ai eu quelques bons retours sur « L’éclosion » qui m’ont vraiment fait plaisir. Je ne pouvais pas décemment en rester là.
5 ans plus tard, arrive le « Premier envol ». Un album 13 titres, totalement auto-produit, mixé et masterisé par Lartizan. Un album qui je l’espère trouvera son public. Je l’ai fait avec les tripes, sans concessions, sans suivre les tendances. J’y parle de moi, de ceux qui m’entourent, de la vie, de la mort, de l’amour…






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